Comment détecter les fuites d’eau potable sur le réseau d’adduction

Publié le 9 novembre 2020

On estime qu’aujourd’hui en France, un litre d’eau potable sur cinq est perdu, soit 20%. La raison principale de cette déperdition : les fuites d’eau sur les réseaux d’adduction.

Contre toute attente, le dernier rapport de la Fédération Professionnelle des Entreprises de l’Eau (FP2E) daté de 2019 indique que si le rendement des réseaux d’adduction a progressé au cours des années 2000, il se situe désormais autour de 80% avec un taux de fuite constant de 20% depuis 2012.

Autrement dit, les bonnes pratiques en matière de gestion du patrimoine d’adduction n’ont pas permis de réduire les fuites durant cette période.

Infographie sur l’état des fuites d’eau en France

Infographie sur les fuites d'eau dans le réseau d'adduction

État des lieux des fuites d’eau en France

Le taux de fuite, c’est-à-dire le rapport entre volume d’eau introduit dans le réseau de distribution et le volume d’eau consommé, est donc de l’ordre de 20% en France. En comparaison avec les chiffres de l’étranger, la France (incluant les DOM) est plutôt bonne élève.

Chaque année, un total colossal de 1 300 milliards de litres d’eau sont perdus dans la nature soit l’équivalent de 430 000 piscines olympiques.

L’étude publiée en 2019 par la FP2E prend pour exemple nos voisins : le Royaume-Uni dont le taux de fuite est de 21%, la Belgique (27%) ou l’Italie (38%).

L'amélioration du taux de rendement jusqu'en 2000 a permis de limiter les dégâts et d'économiser 1,1 milliard de mètres cubes d'eau potable par an, malgré une augmentation de la population de 4,5 millions d'habitants.

Paradoxalement, en raison de la raréfaction de la ressource, il est bon de rappeler que les risques de pénurie d’eau sont craints par 67% des Français en 2019, contre 44% en 2000, signe que la question de l’eau reste un sujet prédominant pour nos concitoyens.

Pour rappel, l’objectif national fixé par la loi Grenelle II de 2010, visait un taux de fuites limité à 15 % de l’eau produite.

Selon les données de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), le magazine indique qu'un quart des préfectures françaises affichent un taux de fuites d’eau au-dessus de 25 %. Paris est à plus de 8 % de taux de fuites, Lyon 17 %, Marseille 15 %, Toulouse 11 %, Lille 18 %, Bordeaux 15 % et Nice 19 %.

Selon le rapport de la FP2E, le rendement pour les villes de moins de 10.000 habitants est inférieur à 58%. C’est donc dans ces communes rurales que l’effort d’économie et de rénovation doit être porté en priorité, bien que le débit d’eau qui y circule et y fuite soit bien moindre que dans les grandes agglomérations.

Pour en savoir plus les conduites d’eau potable cliquez ici

Quelles sont les raisons de ces fuites d’eau sur le réseau AEP français ?

Selon 60 millions de consommateurs, il faudrait investir 1,5 à 2 milliards d’euros par an pour réaliser les travaux nécessaires à une amélioration notable du rendement du réseau. C’est deux fois que ce qui est mis sur la table aujourd’hui.

Selon les derniers chiffres du rapport FP2E/BIPE de 2019, le taux de renouvellement du réseau d’eau potable est en moyenne de 0,5% depuis 2009, alors que l’objectif visé lors des Assise de l’eau en 2018 était de 1%.

La longueur des réseaux publics de distribution d’eau en France est estimée à 906 000 kilomètres.

Les performances du réseau AEP dépendent de nombreux facteurs :

  • l’âge des conduites
  • les matériaux utilisés
  • les modalités de pose
  • les vibrations
  • la topographie
  • la typologie des sols

En France, c’est surtout le vieillissement des canalisations qui est la principale cause des fuites d’eau. Les tuyaux en fonte grise, matériaux fragiles et cassants, étaient principalement utilisés pour les conduites installées jusqu’au début des années 1960. Ils représenteraient encore 9% de la totalité du réseau et font l’objet d’un renouvellement prioritaire.

Le renouvellement prioritaire concerne aussi les canalisations en amiante qui représentent encore 2,3% du réseau en 2017 soit l’équivalent d’un peu moins de 12 000 km.

De façon générale, les tubes à emboitement (quel que soit le matériau du tuyau et ses joints) sont également source de fuites.

En lire plus sur le réseau AEP

Quel est le coût du renouvellement des canalisations et conduites d’eau ?

Une étude de l’organisme Educagri propose une analyse des coûts des opérations sur les réseaux d’eau potable. Cette analyse se base sur les données issues des opérations financées par l’agence de l’eau sur les réseaux d’eau potable, de 2013 à 2016 et sur un échantillon de 238 projets recensant 1 216 tronçons de canalisations d’eau.

Selon le document, une opération de renouvellement ou de réparation coûte en moyenne 198 100 € HT par projet. Il existe bien sûr une grande disparité des montants des projets autour de cette moyenne.

Le coût de réparation du mètre linéaire (ml) est en moyenne de 315 € / ml pour les linéaires posés de moins de 250 mètres, de 207 € / ml pour les linéaires compris entre 250 et 750 mètres et de 145 € HT / ml pour les linéaires supérieurs ou égaux à 750 mètres.

Le coût au ml des opérations est 1,3 fois plus élevé en milieu urbain (176 € HT) qu’en milieu rural (134 € HT).

Le renouvellement des conduites d'eau permet de réduire les fuites et la surconsommation. Cela entraîne une baisse de la consommation, à relever sur le compteur, ce qui diminue le besoin d'appeler des plombiers et réduit la facture d'eau.

fuites d'eau dans un tuyau corrodé

Pourquoi les conduites d’eau se corrodent-elles ?

Selon cette analyse sur la modélisation de la corrosion des conduites d’eau, la corrosion est un des principaux processus qui contribuent à la rupture des conduites d’eau potable en fonte. L’épaisseur de la paroi d’une conduite qui se corrode diminue dans le temps et se fragilise. Elle perd sa capacité de supporter la pression environnante et se rompt.

La fonte est différente de l’acier, car elle contient plus de carbone (> 2 %) et de silicium (> 1 %) qui la rend moins chère à produire que l’acier. En raison de cette teneur élevée en car­bone, du graphite se forme dans la microstructure de l’alliage sous forme de paillettes (fonte grise) ou de nodules (fonte ductile) selon les cas.

Un processus appelé corrosion graphitique ou graphitisation se produit sur les fontes non alliées exposées à des eaux moyennement acides ou douces. Les eaux présentant une faible teneur en hydrogène sulfuré favorisent aussi la graphitisation.

Au même titre que la fonte, l’acier nu se corrode. C’est pour cette raison que Oryx Eleven ne pose que de l’acier revêtu intérieur et extérieur. Contactez notre entreprise pour recevoir des tuyaux en acier revêtu.

Quel est l’impact du sol sur la prévalence des fuites d’eau ?

Les caractéristiques du sol ont une influence importante sur la détérioration des réseaux d’eau. Parmi les caractéristiques qui influencent le plus la résistance de la fonte, citons notamment :

  • la résistivité du sol : plus elle est faible, plus le sol est agressif car cela permet un déplacement facile des charges, donc un flux de courant plus élevé entre les sites de potentiels différents.
  • le Ph du sol : la plupart des sols possèdent un pH de 4 à 8. Quand le pH est inférieur à 4 ou supérieur à 8,5, le sol devient plus corrosif.
  • le potentiel d’oxydoréduction : il est lié au degré d’aération du sol. Des niveaux très faibles ou négatifs de
    potentiel redox indiquent que le sol est anaérobique et qu’il peut favoriser la présence de bactéries réductrices de sulfates.
  • le taux d’humidité relatif : la quantité d’eau contenus dans le sol augmente sa corosivité. Les changements du
    taux d’humidité dans le temps peuvent également influencer la corrosion.
  • l’homogénéité et la taille des particules du sol
  • la présence de courants vagabonds

L’ensemble de ces paramètres permet de construire un indicateur composite appelé TAS (taux d’agressivité du sol) qui est un système de pointage qui consiste à assigner des points à chacune des propriétés du sol. Si la valeur totale du TAS est supérieure à 10, le sol est alors considéré comme corrosif pour les conduites en fonte.

Quelles solutions pour limiter les fuites d’eau sur le réseau AEP ?

Les deux leviers d’action pour éviter les fuites AEP sont la surveillance et le renouvellement des canalisations. C’est un enjeu capital pour les collectivités locales que ce soit sur le plan sanitaire, environnemental ou économique.

L’acier : la solution fiable contre les fuites

Grâce à sa robustesse, l’acier s’impose comme un choix idéal pour les terrains instables ou sujets aux inondations. Les canalisations en acier soudé offrent une résistance durable, même dans des environnements susceptibles de déstabiliser les conduites.

Avec un revêtement tri-couche, les tubes en acier garantissent une étanchéité impeccable, une résistance aux chocs et une protection efficace contre les courants vagabonds, tout en supportant des pressions élevées. Durable et performant, l’acier reste l’allié des réseaux d’eau sécurisés.

Contactez Oryx Eleven, votre fournisseur de tuyaux en acier revêtu.

Capteurs à ultrasons pour repérer les fuites invisibles.

Si les fuites présentent un risque sur un réseau de canalisation, une solution innovante consiste à mettre en place un système de surveillance continue, permettant de détecter réactivement les fuites, en particulier pendant la nuit.

Ce système se base sur l’analyse comparative des débits d’eau dans les canalisation en temps réel. Les fuites entraînent en effet des débits plus importants. La surveillance continue du réseau est effectuée avec des appareils spécifiques appelés « débitmètres à ultrasons ». Ces appareils peuvent être installés avec peu de travaux.

Ces petits capteurs à ultrasons sont à la fois solides et faciles à monter dans les puits existants. Ils sont installés en différents points du réseau d’eau et les valeurs mesurées sont transmises à un poste de contrôle via une connexion 3G pour vérifier en temps réel l’état du réseau.. Le capteur regroupe dans un boitier, un accéléromètre qui permet de détecter et mesurer les vibrations de la canalisation générées par le bruit de la fuite et le module de communication qui assure la transmission des données vers le système d’information.

Comment détecter une fuite d’eau sur le réseau d’eau potable ? Détecteurs et méthodes de localisation.

Une fois l’existence d’une fuite d’eau acquise, il convient de trouver l’endroit précis de la rupture. Pour se faire, on distingue 3 méthodes principales.

Méthode acoustique

Les méthodes acoustiques permettent de détecter une fuite d’eau ainsi que de localiser son origine sur les réseaux d’eau sous pression grâce au bruit parasite généré par l’écoulement de l’eau. Une fuite d’eau émet un bruit particulier qui varie en fonction de son débit, la pression de service, la nature du sol, le type de canalisation, la forme et la taille de la cassure etc.

Une fois la zone de fuite identifiée, le bruit est analysé par ordinateur via un algorithme qui en déduit l’emplacement potentiel de la fuite à quelques centimètres près.

Méthode par gaz traceur

Cette méthode de recherche de fuite consiste à introduire un gaz constitué d’azote et d’hydrogène dans la canalisation, puis à détecter ses résurgences au niveau du sol avec un détecteur de gaz, ce qui permet de repérer les fuites difficiles à détecter.

Cette approche est une alternative performante quand les méthodes acoustiques atteignent leurs limites en raison d’un manque de points d’écoutes ou lorsque les fuites sont noyées. La canalisation doit être au préalable, isolée à l’aide de plaques ou de vannes étanches et disposer d’un point d’injection muni d’un raccord spécifique.

Une fois le gaz en pression dans la canalisation, les particules d’hydrogènes sont détectée en surface et la fuite est localisée précisément en fonction de la concentration d’hydrogène dans la zone exact de la fuite.

Méthode par prélocalisateurs

Des appareils sont installés en contact direct avec la canalisation, au niveau des vannes, en vue d’un enregistrement la nuit. Les capteurs ne détectent alors que les bruits générés par les fuites sans intervention de bruits parasites extérieurs liés à l’activité humaine. L’enregistrement nocturne est ensuite analysé. Il en ressortira des zones suspectes à inspecter par la méthode acoustique. La flotte d’appareil est ensuite déployée sur une autre zone à inspecter.

fuites d'eau dans une canalisation éclatée

Comment anticiper et quels réflexes à adopter en cas de fuite ?

Une gestion plus fine de la pression d’eau dans les canalisations permet de prévenir l’apparition de fuites d’eau. En effet, la pression de l’eau dans le réseau est supérieure à celle nécessaire au seul besoin d’alimentation en eau potable. Problème : la pression de l’eau a une influence directe sur le débit des fuites et contribue à l’usure prématurée des canalisations et des branchements.

La gestion de pression consiste à mettre en place des vannes de gestion de pression en entrée d’un secteur isolé du reste du réseau. Cette vanne permet de moduler la pression d’eau selon divers scénarios : consigne fixe dans le temps, horodatage des consignes…

Une autre solution, basée sur l’analyse prédictive, a été mise en oeuvre par la Lyonnaise des eaux. Elle a ainsi développé un modèle de prévision des casses pour planifier le renouvellement des canalisations. Il s’agit d’une prévision statistique du risque de casse en fonction de différents facteurs : âge de la canalisation, matériau, pression, débit… Cet outil informatique permet de limiter les travaux d’urgence et d’anticiper les financements de rénovation en priorisant les interventions.

En région parisienne notamment, un système radiographique a été testé. Il permet de mesurer les attaques de corrosion internes et externes d’une canalisation métallique. Cet outil est basé sur la propagation de champs magnétiques. Son utilisation permet d’anticiper les casses ou les fissures de canalisations.

En savoir plus sur la qualité de l’eau potable en France

La performance d’un réseau d’eau potable a pour conséquence directe une eau de qualité constante au tous les robinets. La qualité de l’eau dépend de ses caractéristiques à la source, de son mode de traitement, de son stockage mais aussi beaucoup de la conformité des canalisations AEP. 

Le réseau français vieillissant affecte négativement la qualité de l'eau du robinet dans les habitations. Les fuites ne sont qu’un des symptômes de ce mal qui ronge les canalisations.

💡 En savoir plus sur la qualité de l’eau potable en France

Comment les réseaux d’eau sont-ils gérés ?

Une des clefs pour améliorer la gestion des réseaux AEP est d’exploiter la puissance du Big Data pour effectuer un suivi en temps réel de la qualité de l’eau et du réseau. La même logique peut être appliquée aux réseaux d’eaux usées.

Des millions d’octets de données informatiques peuvent être collectées et structurées via un système d’information adapté. Il se compose de nombreux capteurs disposés en des points névralgiques sur le réseau d’eau potable. Cette analyse permet d’anticiper les pannes, les fuites et donc de permettre au service public de réaliser des économies d’eau conséquentes.

✔︎ Lire notre analyse sur l’utilisation du Big Data pour améliorer la gestion AEP

Une station d'épuration est une installation qui a pour objectif d'assainir les eaux usées domestiques, les eaux industrielles et les eaux pluviales avant de les rejeter dans le milieu naturel, généralement un cours d'eau.

Pour ne pas polluer le milieu naturel, les eaux usées sont nettoyées de leurs nombreuses impuretés : matières solides, excréments, huiles et toutes substances dissoutes. Leur forte concentration rendrait impossible un rejet direct dans le milieu naturel sans générer une forte pollution.

Une station d’épuration est généralement située à l’extrémité d’un réseau de collecte. Elle va utiliser divers processus et dispositifs physiques et biochimiques pour dégrader les matières organiques et les séparer de l'eau.

Le résultat est une "eau propre" qui n'est pas potable mais qui est d'assez bonne qualité pour être absorbée par l'environnement sans nuisance.

Les avantages d'une canalisation en acier pour un réseau d’assainissement

Oryx Eleven fabrique et livre à pied d'œuvre des tubes en acier revêtu pour tous les projets de réseaux d’assainissement. Nos canalisations en acier revêtu sont adaptées au transport des eaux résiduaires urbaines, industrielles ou pluviales.

Nous effectuons :

    • la fabrication des tubes en aciers

    • leur stockage

    • leur livraison sur site

    • leur montage et les soudures.

Une canalisation en acier revêtu offre de nombreux avantages :

    • grande tolérance aux fortes pressions et à la corrosion

    • longévité structurelle exceptionnelle

    • solidité à toutes épreuves même en cas de mouvement de terrain.

Oryx Eleven propose des solutions du DN100 au DN2500 avec, selon les besoins : transport routier, héliportage, transport maritime et stockage aux terminaux portuaires.

Comment fonctionne une station d'épuration ?

Les eaux usées sont acheminées jusqu’à la station d’épuration par le réseau d’assainissement.

Ensuite, elles vont subir divers traitements en suivant 5 étapes essentielles :

    1. un dégrillage

    1. un dessablage et un dégraissage

    1. un traitement biologique

    1. la clarification

    1. le traitement des boues résiduelles

1- Le dégrillage

Les eaux usées traversent un dégrilleur, c'est-à-dire un tamis rotatif qui les débarrasse des matières solides : mégots, cheveux... Une vis sans fin remonte ces déchets vers une benne en vue de leur évacuation ou de leur incinération.

2- Le dessablage et le dégraissage

réseau de conduites pour station d'épuration
Réseau de conduites pour station d'épuration

Les eaux usées poursuivent leur cheminement. Elles s’écoulent dans un premier bassin appelé dessableur où les matières plus lourdes que l’eau comme le sable et le gravier se déposent au fond de la cuve. Ce sable est dirigé vers un classificateur qui permet de l'égoutter. Il est ensuite enfoui.

Les graisses remontent à la surface de la cuve sous l'effet d'une aération. Des pompes aératrices diffusent de fines bulles d’air qui aident les graisses à faire surface.

Les graisses sont ensuite dirigées vers un concentrateur puis raclées par un pont automoteur vers des bâches de pompage. Les huiles sont évacuées vers une station de traitement spécifique. L'eau résiduelle est renvoyée dans le système principal de la station d'épuration.

3- Le traitement biologique

traitement biologique dans un bassin de décantation
Traitement biologique dans un bassin de décantation

Les eaux usées doivent ensuite être débarrassées de leurs composés organiques, de l'azote et du phosphore.

Pour ce faire, on utilise divers bassins où se sont développées des bactéries alimentées en oxygène et qui vont digérer très rapidement les impuretés et les transformer en boues.

L'élimination des composés organiques se fait avec des bactéries aérobies qui les dégradent par un phénomène d'oxydation. Ces bactéries sont capables de transformer les molécules organiques ou minérales grâce à leurs enzymes.

L'élimination de l'azote ammoniacal (NH4+) se fait avec des traitements bactériologiques de « nitrification-dénitrification ». La nitrification est une transformation par des bactéries de l'azote ammoniacal en nitrates. Puis ces nitrates sont transformés en azote gazeux qui s'échappe naturellement dans l'atmosphère.

L'élimination du phosphore s'obtient par son accumulation dans les cultures bactériennes des boues.

👉 En savoir plus sur le traitement biologique des eaux usées

4- La clarification

Il s'agit de séparer l’eau des boues issues de la dégradation des matières organiques. C'est une décantation effectuée dans des bassins appelés "clarificateurs". Les boues se déposent au fond du bassin, sont pompées puis évacuées.

L’eau est à ce stade débarrassée de plus de 90 % de ses impuretés. Elle est analysée puis rejetée dans le milieu naturel.

5- Le traitement des boues

Les boues récupérées doivent être traitées. Il en existe différents types :

- les boues primaires issues de la décantation des matières en suspension

- les boues secondaires issues d'un résidu dissout par des cultures bactériennes.

La stabilisation des boues a pour objectif de réduire leur fermentescibilité pour atténuer les mauvaises odeurs.

La stabilisation biologique s'effectue dans les bassins d'aération ou dans des digesteurs avec production de biogaz. La stabilisation biologique est le procédé le plus employé en France par environ 58000 stations d'épuration.

Les boues peuvent aussi passer dans des centrifugeuses qui vont accélérer la séparation de l'eau du reste des composés en tournant à 6000 t/min. La boue résiduelle est raclée par une vis sans fin vers une benne.

Ces boues sont généralement utilisées en agriculture comme engrais. Une fois sèches, elles peuvent aussi être incinérées ou mises en décharge.

Une station d’épuration produit environ 2 litres de boues par habitant et par jour.

A noter : les boues de lagunage sont un type de boue accumulée au fond des bassins. Elles sont curées de façon périodique, soit annuellement soit tous les 10 ans selon le type de bassin concerné.

station d'épuration vue du ciel
Station d'épuration vue du ciel

Combien t-a-t-il de stations d'épuration en France ?

Selon le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, la France comptait en 2008, 18 830 stations d’épuration pour une capacité de 75 millions d’Équivalents-habitants (Eh).

En 2013, la France comptait 20 200 stations de traitement des eaux usées collectives.

En 2016, ce nombre s'élevait à 21 474 stations de traitement.

En 2019, ce chiffre passe à 22002 stations d'épuration.

Que sont les eaux usées ?

Les eaux usées désignent les eaux qui ont été utilisées pour un usage quelconque.

Elles proviennent :

    • des habitations, ce sont les eaux usées domestiques, issues des toilettes (eaux vannes) ou des lavabo et cuisine (eaux grises).

    • des usines ou de l'agriculture, on parle alors d'effluents industriels ou agricoles.

Les eaux de pluie qui coulent sur les toitures, les routes et les parkings, etc. ne sont pas considérées comme des eaux usées. Toutefois, pour des raisons structurelles et d'organisation, les eaux de pluie étaient aussi collectées avec les réseaux de tout-à-l’égout et donc acheminées jusqu’à une station de traitement.

Le remplacement des réseaux unitaires par un réseau séparatif

Lors de fortes pluies, il peut arriver que le réseau d'assainissement soit engorgé par l'eau pluviale en plus des eaux usées. Les stations d'épuration ne pouvant traiter cet afflux, l’eau non traitée est alors rejetée via les déversoirs d’orage implantés sur le réseau. Une solution problématique car cette eau est aussi chargée d'impuretés et a un impact sur l'environnement.

Pour résoudre ce problème, les réseaux unitaires sont progressivement remplacés par un double réseau qui collecte les eaux pluviales séparément des eaux usées. On parle de « réseaux séparatifs ». L'eau de pluie est conduite vers des bassins de rétention pour y être stockée. Les déchets en suspension se déposent au fond du bassin puis sont éliminés naturellement ou curés périodiquement selon les besoins.

L’organisation de l’assainissement collectif des eaux usées

Pour chaque ville, un zonage d’assainissement définit les zones concernées par l’assainissement collectif ou à défaut, un assainissement non collectif. Ce schéma directeur est intégré au plan local d’urbanisme (PLU).

En zone d’assainissement collectif, le propriétaire d’un logement a pour obligation de raccorder son domicile au réseau de collecte des eaux usées. Charge a la commune d'assurer sa mission de service public d’assainissement :

    • mise en place du réseau

    • collecte des eaux usées

    • assainissement.

Le contrôle de la qualité des eaux propres

Les eaux propres rejetées dans le milieu naturel sont étroitement contrôlées.

Les normes en vigueur pour l’assainissement collectif sont issues de la directive européenne 91/271/CEE relative au traitement des eaux résiduaires urbaines (DERU).

Des contrôles portent à la fois sur la capacité maximale de traitement des stations et sur ses performances.

Ainsi, en 2013, les performances de 92,9 % des stations de traitement des eaux usées étaient jugées conformes.

La teneur en polluants des eaux usées et des eaux épurées est mesurée avec plusieurs indicateurs :

    • les matières en suspension (MES) minérales ou organiques mesurées en mg/L.

    • les matières organiques mesurées par différentes analyses techniques comme par exemple la "demande biochimique en oxygène"

    • l’azote et le phosphore mesuré en mg/L

    • les contaminants biologiques en nombre/mL

    • etc.

Qu'est-ce que l’Equivalent Habitant (E.H ) ?

Cet indicateur exprime la charge polluante contenue dans 180 litres d’eau usée soit en moyenne l'équivalent des rejets d’un habitant et pour un jour.

Un Équivalent Habitant correspond à :

    • 60g de D.B.O5

    • 135g de D.C.O

    • 9,9g d’azote

    • 3,5g de phosphore.

Cette unité permet  de  déterminer le dimensionnement des stations d'épuration selon la taille des agglomérations.