Qualité de l’eau potable : le défi des réseaux AEP

Publié le 17 juin 2021
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En France, l’eau du robinet est la denrée la plus surveillée. Sa qualité est contrôlée en permanence. Les Agences Régionales de Santé procèdent à plus de 310 000 prélèvements d’échantillons d’eau qui génèrent plus de 17 millions de lignes de résultats à analyser chaque année.

Chaque étape du processus doit respecter des normes drastiques pour garantir une eau potable de qualité. Les stations de captages et de traitement sont concernées bien sûr mais aussi le réseau d’adduction en eau potable (AEP). Son état structurel ou la présence de fuites est déterminant quant à la qualité finale de l’eau une fois arrivée au robinet des consommateurs.

Chiffres clefs de la qualité de l’eau potable en France

Selon les derniers chiffres du Ministère de la santé, les Français bénéficient globalement d’une eau de qualité.

La qualité microbiologique des eaux distribuées est en permanence conforme pour 98% de la population. Les grands réseaux de distribution d’eau potable de plus de 50.000 habitants sont conformes à 100% (90% pour les réseaux de moins de 500 habitants).

Pour ce qui concerne la présence de pesticides, les chiffres sont moins bons mais en amélioration. Près de 92% de la population a été alimentée en permanence par de l’eau respectant les critères de qualité pour les pesticides.

Ces dépassements ponctuels ne sont toutefois pas de nature à présenter un risque majeur pour la santé. Presque aucun n’a impliqué une restriction de l’utilisation de l’eau du robinet.

99 % de la population a été alimentée par une eau dont la qualité respectait en permanence la limite de 50 mg/L de nitrates fixée par la réglementation.

Quels indicateurs sont utilisés pour mesurer la qualité de l’eau potable ?

Les 4 indicateurs clefs utilisés pour mesurer la qualité de l’eau du robinet sont :

  • la présence de micro-organismes
  • le taux de nitrates
  • la présence de pesticides
  • la qualité radiologique
  • la teneur en plomb, nickel, antimoine, arsenic…
  • les résidus de médicaments et les composés perfluorés

Les micro-organismes contenus dans l’eau potable sont étroitement surveillés. Il s’agit de bactéries, virus et de parasites qui sont des germes pathogènes. Un exemple de contamination surveillée est la contamination fécale, mesurée avec la présence de germes témoins tel que Escherichia coli.

Les nitrates dans l’eau du robinet peuvent être le résultat d’une contamination par des activités humaines, notamment des rejets urbains ou industriels, une pollution agricole due à des engrais. Ingérés, les nitrates peuvent provoquer une altération de l’hémoglobine et donc un mauvais transport de l’oxygène dans le sang. Les femmes enceintes et les enfants en bas âge y sont les plus sensibles.

Les pesticides sont des substances chimiques utilisées pour combattre les espèces nuisibles. Il s’agit d’insecticides, herbicides, fongicides… Ils sont utilisés en agriculture mais aussi dans la construction, l’industrie, les transports publics… Une fois épandus, ils ruissellent dans les nappes phréatiques ou les rivières.

La qualité radiologique de l’eau du robinet est moins connue du grand public mais tout de même mesurée. La radioactivité de l’eau dépend de la nature géologique des terrains qu’elle traverse avant d’être prélevée. Par exemple, les eaux souterraines granitiques ont parfois une radioactivité naturelle élevée.

La présence de plomb dans l’eau du robinet est strictement encadrée. La limite de qualité pour la teneur en plomb dans l’eau potable est de 10 µg/L depuis 2013, en conformité avec les recommandations de l’OMS.

De nouveaux polluants font aussi leur apparition, en très faible concentration néanmoins. Ces paramètres ne sont pas actuellement réglementés. Le risque sanitaire est en cours d’évaluation. Sont notamment surveillés les résidus de médicaments ou la présence de composés perfluorés tels que le téflon. Ils sont utilisés par l’industrie comme imperméabilisants pour repousser l’eau, les matières grasses et la poussière.

Le rôle clef du réseau de distribution d’eau dans le maintien de la qualité de l’eau

Produire une eau de qualité est essentiel mais son transport est tout aussi capital. La qualité de l’eau distribuée peut être altérée lors de son transport entre le lieu de production et le robinet du consommateur.

La vétusté des réseaux d’eau est une des causes de la dégradation de la qualité de l’eau potable. Aujourd’hui en France, 20% de l’eau produite est perdue en raison de fuites sur le réseau de distribution.

Sur les 5 dernières années, le taux moyen de renouvellement des canalisations d’eau potable est estimé à 0,61 % par an. À ce rythme, il faudrait environ 165 ans pour remettre à neuf l’ensemble des canalisations du réseau français.

Généralement, les altérations du réseau d’eau sont la conséquence d’une conception obsolète des canalisations : dimensionnement insuffisant ou choix des matériaux qui le constituent. Lors d’un remplacement de canalisations, les matériaux utilisés doivent être conformes aux nouvelles réglementations et nouveaux systèmes de normes.

Pourquoi une canalisation en acier revêtu participe-t-elle à une meilleure qualité de l’eau ?

Une canalisation AEP en acier revêtu offre de nombreux avantages :

  • une étanchéité parfaite et durable de la conduite
  • une grande résistance à la pression.

Les revêtements tels que le polyéthylène et le polypropylène offrent une durée de vie importante à la canalisation et assurent une protection cathodique élevée en raison de son inertie chimique ainsi qu’une forte résistance diélectrique.

Au contact de l’eau, ces revêtements n’en dénaturent pas la qualité conformément aux normes sanitaires en vigueur. L’eau conserve ses qualités organoleptiques, physico-chimiques et microbiologique. Aucune modification de Ph, aucune porosité responsable du développement d’agents bactériens…

Selon les normes en vigueur, les canalisations en acier doivent être revêtues intérieurement avec un mortier de ciment (norme NF A 49-701) ou un film organique (par exemple en époxy selon la norme NF A 49-709); extérieurement avec de la résine époxydique (selon la norme NF A 49-706).

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