Comprendre la recharge artificielle des nappes phréatiques

Publié le 6 novembre 2023

Pendant les mois d'hiver, les précipitations remplissent naturellement les nappes phréatiques. Cependant, les prévisions du BRGM suggèrent que le changement climatique pourrait réduire ce processus de recharge de 10 % à 30 % d'ici 2070.

Face à ce défi, la recharge artificielle se présente comme une solution prometteuse au problème de sécheresse en France.

Cette technique consiste à augmenter les réserves d'eau souterraine via des méthodes artificielles telle que l'infiltration d'eau provenant de sources externes, comme les rivières, vers les aquifères.

Explorons ensemble les bénéfices et les limites de cette méthode, les techniques employées et les diverses contraintes à prendre en compte.

Quels sont les objectifs de la recharge artificielle ?

En France, plusieurs objectifs peuvent être ciblés grâce à la mise en oeuvre de techniques de recharge artificielle des nappes phréatiques :

Pour commencer, il y a la régénération d'aquifères épuisés par une exploitation excessive, où la baisse de niveau devient problématique. C'est le but principal de cette solution.

On peut aussi chercher à obtenir une amélioration de la qualité de l'eau souterraine : réduction de la présence de certains composés chimiques tels que les nitrates et les pesticides. Cela peut se faire par dilution par exemple.

Autre objectif moins connu : celui de la sauvegarde des aquifères côtiers contre la pénétration d'eau salée.

En effet, lorsque les nappes côtières sont surexploitées, le niveau de l'eau douce diminue, ce qui réduit la pression qui s'oppose à l'eau salée provenant de la mer. En l'absence de pression suffisante, l'eau salée peut s'infiltrer dans l'aquifère, un phénomène connu sous le nom d'intrusion saline.

Injecter de l'eau douce dans les nappes phréatiques situées près des zones côtières permet de créer une barrière. L'eau douce, étant moins dense que l'eau salée, s'accumule au-dessus de l'eau salée et empêche cette dernière de s'infiltrer davantage dans l'aquifère.

Techniques mises en oeuvre pour effectuer cette recharge

Les méthodes principales de recharge artificielle des nappes s'articulent autour de trois axes :

  1. Les bassins d'infiltration : ce sont des structures conçues pour permettre à l'eau de s'infiltrer naturellement jusqu'à la nappe phréatique, par infiltration dans le sol.

Pour augmenter les niveaux des nappes, on capte de l'eau des rivières en période de crue à l'aide de pompes. Cette eau est ensuite acheminée par un réseau de conduites vers des bassins d'infiltration. L'eau recueillie s'infiltre peu à peu dans la nappe souterraine, rehaussant ainsi son niveau. Cela permet de conserver de l'eau qui, autrement, serait perdue par ruissellement vers la mer ou par évaporation.

  1. Les méthodes d'injection directe : elles sont répandues mondialement et consistent à introduire l'eau directement dans les nappes captives via des puits. Cette technique exige une surveillance méticuleuse pour s'assurer de la qualité de l'eau injectée.
  2. La recharge indirecte : cette approche consiste à conduire l'eau d'un cours d'eau vers une nappe alluviale en installant des sites de pompage à proximité des rives. Durant ce processus, l'eau est partiellement filtrée grâce aux propriétés naturelles des berges.

Origines des eaux stockées dans les nappes

Un facteur crucial pour la réussite d'un projet de recharge artificielle est la présence d'une source d'eau proche du lieu d'injection. Cette proximité est essentielle pour garantir un apport continu et pour réduire les frais liés au transport de l'eau.

On peut utilise deux catégories d'eau pour la recharge :

  1. Les eaux de surface, provenant des cours d'eau, sont privilégiées pour leur accessibilité, surtout lorsque l'objectif de la recharge artificielle est d'accroître la quantité d'eau dans les nappes.
  2. Les eaux usées épurées, bien que cette option ne soit pas actuellement permise en France, peuvent aussi être envisagées dans certains contextes internationaux pour la recharge des nappes phréatiques.

Quels sont les exemples de recharge artificielle déjà en oeuvre en France ?

La pratique de la recharge artificielle, bien qu'assez commune dans des régions confrontées à d'intenses sécheresses telles que l'Australie, la Californie ou l'Espagne, reste encore peu répandue en France.

Cependant, des initiatives notables ont été prises par le groupe Suez entre 1960 et 1980. Des villes dans les Yvelines ainsi que le syndicat des eaux du Dunkerquois ont bénéficié de cette technologie pour sécuriser l'approvisionnement en eau potable face à des nappes phréatiques surutilisées.

Le Grand Lyon a également adopté cette approche pour un de ses champs captants, où la réinfiltration des eaux de surface est directement intégrée dans le processus de potabilisation, contribuant au maintien du niveau des nappes souterraines.

Le site de Crépieux Charmy dans le Rhône se distingue comme un modèle du genre avec une capacité de stockage impressionnante de plus de 76 millions de m3 et une production annuelle de 110 millions de m3 d'eau potable pour la métropole lyonnaise.

Près de Toulouse, à Boussens, un projet de rgande ampleur est en cours. Il envisage d'utiliser les eaux abondantes du canal d'irrigation Saint-Martory, en provenance des Pyrénées et particulièrement fournies lors de la fonte des neiges au printemps, pour alimenter les nappes phréatiques par infiltration.

Avantages de le recharge artificielle des nappes phréatiques

Les avantages de la recharge artificielle des nappes phréatiques résident dans la prévention de la perte d'eau par évaporation, la réduction de l'emprise au sol comparativement à un stockage en surface comme les bassines, ainsi que dans la contribution à la gestion des crues et au soutien de la biodiversité.

La recharge durant l'hiver à partir des eaux de surface est une solution de rechange aux barrages et retenues. Elle peut garantir des réserves pour les besoins estivaux, en particulier dans les zones où le déficit en eau est chronique, allégeant ainsi la pression sur les ressources en surface.

Inconvénients de cette méthode de stockage de l'eau

Elle peut perturber les équilibres hydrologiques naturels.
Il existe un risque de pollution des nappes par des substances nocives.
La question de la viabilité à long terme se pose également au vu de l'ampleur des investissements requis.

Selon un rapport du BRGM de 2008, 75 dispositifs de recharge artificielle ont été recensés en France. Pour 48 d'entre eux, leur état actuel est bien documenté. Les deux tiers des sites dont la situation est clairement établie se trouvent dans les régions Nord-Pas-de-Calais, Midi-Pyrénées et PACA, mais seulement une vingtaine sont encore opérationnels aujourd'hui.

Les raisons des abandons varient : les municipalités peuvent trouver d'autres sources d'eau pour leur approvisionnement, l'utilité de la recharge artificielle peut devenir obsolète ou bien la qualité de l'eau disponible pour la recharge peut ne plus être adéquate pour maintenir le système en bon fonctionnement.

Contraintes réglementaires et économiques

La mise en œuvre de la recharge artificielle des nappes phréatiques implique plusieurs dimensions, notamment juridique et économique, voire même politique et sociétales.

Le volet juridique et politique concerne la législation relative à la gestion des ressources en eau, en prenant en compte la préservation des équilibres naturels et la prévention des impacts négatifs sur l'environnement. Les autorités veillent de plus en plus à la protection des aquifères face aux risques de sur-exploitation ou de pollution.

Le volet économique d'un projet de ce type implique qu'il est bien sûr primordial d'évaluer son potentiel économique. Cela implique de mesurer sa rentabilité par rapport à d'autres alternatives. Les investissements nécessaires pour les infrastructures de gestion des eaux sont souvent considérables et doivent être justifiés, surtout que ces installations peuvent être utilisées de manière intermittente.

L'importance de la surveillance de la qualité de l'eau injectée

Selon la nature de l'eau brute destinée à la recharge artificielle, un traitement préalable est souvent nécessaire pour garantir la qualité de l'eau qui va infiltrer les nappes phréatiques.

Toutefois, le passage de cette eau à travers les différentes strates du sol offre l'avantage d'épurer naturellement certaines catégories de micropolluants, sous réserve qu'ils soient assimilable par le sol sans risque ultérieur.

Par ailleurs, les eaux pluviales collectées en milieu urbain (solution aujourd'hui interdite) peuvent également servir à la recharge des nappes. Cette utilisation s'inscrit dans la continuité des efforts déployés par les collectivités pour encourager l'infiltration des eaux de pluie, dans le but de prévenir les inondations et les surcharges des systèmes d'assainissement. Cela présente donc un double avantage : gérer efficacement les eaux pluviales tout en contribuant au maintien des niveaux des nappes phréatiques.

Une station d'épuration est une installation qui a pour objectif d'assainir les eaux usées domestiques, les eaux industrielles et les eaux pluviales avant de les rejeter dans le milieu naturel, généralement un cours d'eau.

Pour ne pas polluer le milieu naturel, les eaux usées sont nettoyées de leurs nombreuses impuretés : matières solides, excréments, huiles et toutes substances dissoutes. Leur forte concentration rendrait impossible un rejet direct dans le milieu naturel sans générer une forte pollution.

Une station d’épuration est généralement située à l’extrémité d’un réseau de collecte. Elle va utiliser divers processus et dispositifs physiques et biochimiques pour dégrader les matières organiques et les séparer de l'eau.

Le résultat est une "eau propre" qui n'est pas potable mais qui est d'assez bonne qualité pour être absorbée par l'environnement sans nuisance.

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Comment fonctionne une station d'épuration ?

Les eaux usées sont acheminées jusqu’à la station d’épuration par le réseau d’assainissement.

Ensuite, elles vont subir divers traitements en suivant 5 étapes essentielles :

    1. un dégrillage

    1. un dessablage et un dégraissage

    1. un traitement biologique

    1. la clarification

    1. le traitement des boues résiduelles

1- Le dégrillage

Les eaux usées traversent un dégrilleur, c'est-à-dire un tamis rotatif qui les débarrasse des matières solides : mégots, cheveux... Une vis sans fin remonte ces déchets vers une benne en vue de leur évacuation ou de leur incinération.

2- Le dessablage et le dégraissage

réseau de conduites pour station d'épuration
Réseau de conduites pour station d'épuration

Les eaux usées poursuivent leur cheminement. Elles s’écoulent dans un premier bassin appelé dessableur où les matières plus lourdes que l’eau comme le sable et le gravier se déposent au fond de la cuve. Ce sable est dirigé vers un classificateur qui permet de l'égoutter. Il est ensuite enfoui.

Les graisses remontent à la surface de la cuve sous l'effet d'une aération. Des pompes aératrices diffusent de fines bulles d’air qui aident les graisses à faire surface.

Les graisses sont ensuite dirigées vers un concentrateur puis raclées par un pont automoteur vers des bâches de pompage. Les huiles sont évacuées vers une station de traitement spécifique. L'eau résiduelle est renvoyée dans le système principal de la station d'épuration.

3- Le traitement biologique

traitement biologique dans un bassin de décantation
Traitement biologique dans un bassin de décantation

Les eaux usées doivent ensuite être débarrassées de leurs composés organiques, de l'azote et du phosphore.

Pour ce faire, on utilise divers bassins où se sont développées des bactéries alimentées en oxygène et qui vont digérer très rapidement les impuretés et les transformer en boues.

L'élimination des composés organiques se fait avec des bactéries aérobies qui les dégradent par un phénomène d'oxydation. Ces bactéries sont capables de transformer les molécules organiques ou minérales grâce à leurs enzymes.

L'élimination de l'azote ammoniacal (NH4+) se fait avec des traitements bactériologiques de « nitrification-dénitrification ». La nitrification est une transformation par des bactéries de l'azote ammoniacal en nitrates. Puis ces nitrates sont transformés en azote gazeux qui s'échappe naturellement dans l'atmosphère.

L'élimination du phosphore s'obtient par son accumulation dans les cultures bactériennes des boues.

👉 En savoir plus sur le traitement biologique des eaux usées

4- La clarification

Il s'agit de séparer l’eau des boues issues de la dégradation des matières organiques. C'est une décantation effectuée dans des bassins appelés "clarificateurs". Les boues se déposent au fond du bassin, sont pompées puis évacuées.

L’eau est à ce stade débarrassée de plus de 90 % de ses impuretés. Elle est analysée puis rejetée dans le milieu naturel.

5- Le traitement des boues

Les boues récupérées doivent être traitées. Il en existe différents types :

- les boues primaires issues de la décantation des matières en suspension

- les boues secondaires issues d'un résidu dissout par des cultures bactériennes.

La stabilisation des boues a pour objectif de réduire leur fermentescibilité pour atténuer les mauvaises odeurs.

La stabilisation biologique s'effectue dans les bassins d'aération ou dans des digesteurs avec production de biogaz. La stabilisation biologique est le procédé le plus employé en France par environ 58000 stations d'épuration.

Les boues peuvent aussi passer dans des centrifugeuses qui vont accélérer la séparation de l'eau du reste des composés en tournant à 6000 t/min. La boue résiduelle est raclée par une vis sans fin vers une benne.

Ces boues sont généralement utilisées en agriculture comme engrais. Une fois sèches, elles peuvent aussi être incinérées ou mises en décharge.

Une station d’épuration produit environ 2 litres de boues par habitant et par jour.

A noter : les boues de lagunage sont un type de boue accumulée au fond des bassins. Elles sont curées de façon périodique, soit annuellement soit tous les 10 ans selon le type de bassin concerné.

station d'épuration vue du ciel
Station d'épuration vue du ciel

Combien t-a-t-il de stations d'épuration en France ?

Selon le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, la France comptait en 2008, 18 830 stations d’épuration pour une capacité de 75 millions d’Équivalents-habitants (Eh).

En 2013, la France comptait 20 200 stations de traitement des eaux usées collectives.

En 2016, ce nombre s'élevait à 21 474 stations de traitement.

En 2019, ce chiffre passe à 22002 stations d'épuration.

Que sont les eaux usées ?

Les eaux usées désignent les eaux qui ont été utilisées pour un usage quelconque.

Elles proviennent :

    • des habitations, ce sont les eaux usées domestiques, issues des toilettes (eaux vannes) ou des lavabo et cuisine (eaux grises).

    • des usines ou de l'agriculture, on parle alors d'effluents industriels ou agricoles.

Les eaux de pluie qui coulent sur les toitures, les routes et les parkings, etc. ne sont pas considérées comme des eaux usées. Toutefois, pour des raisons structurelles et d'organisation, les eaux de pluie étaient aussi collectées avec les réseaux de tout-à-l’égout et donc acheminées jusqu’à une station de traitement.

Le remplacement des réseaux unitaires par un réseau séparatif

Lors de fortes pluies, il peut arriver que le réseau d'assainissement soit engorgé par l'eau pluviale en plus des eaux usées. Les stations d'épuration ne pouvant traiter cet afflux, l’eau non traitée est alors rejetée via les déversoirs d’orage implantés sur le réseau. Une solution problématique car cette eau est aussi chargée d'impuretés et a un impact sur l'environnement.

Pour résoudre ce problème, les réseaux unitaires sont progressivement remplacés par un double réseau qui collecte les eaux pluviales séparément des eaux usées. On parle de « réseaux séparatifs ». L'eau de pluie est conduite vers des bassins de rétention pour y être stockée. Les déchets en suspension se déposent au fond du bassin puis sont éliminés naturellement ou curés périodiquement selon les besoins.

L’organisation de l’assainissement collectif des eaux usées

Pour chaque ville, un zonage d’assainissement définit les zones concernées par l’assainissement collectif ou à défaut, un assainissement non collectif. Ce schéma directeur est intégré au plan local d’urbanisme (PLU).

En zone d’assainissement collectif, le propriétaire d’un logement a pour obligation de raccorder son domicile au réseau de collecte des eaux usées. Charge a la commune d'assurer sa mission de service public d’assainissement :

    • mise en place du réseau

    • collecte des eaux usées

    • assainissement.

Le contrôle de la qualité des eaux propres

Les eaux propres rejetées dans le milieu naturel sont étroitement contrôlées.

Les normes en vigueur pour l’assainissement collectif sont issues de la directive européenne 91/271/CEE relative au traitement des eaux résiduaires urbaines (DERU).

Des contrôles portent à la fois sur la capacité maximale de traitement des stations et sur ses performances.

Ainsi, en 2013, les performances de 92,9 % des stations de traitement des eaux usées étaient jugées conformes.

La teneur en polluants des eaux usées et des eaux épurées est mesurée avec plusieurs indicateurs :

    • les matières en suspension (MES) minérales ou organiques mesurées en mg/L.

    • les matières organiques mesurées par différentes analyses techniques comme par exemple la "demande biochimique en oxygène"

    • l’azote et le phosphore mesuré en mg/L

    • les contaminants biologiques en nombre/mL

    • etc.

Qu'est-ce que l’Equivalent Habitant (E.H ) ?

Cet indicateur exprime la charge polluante contenue dans 180 litres d’eau usée soit en moyenne l'équivalent des rejets d’un habitant et pour un jour.

Un Équivalent Habitant correspond à :

    • 60g de D.B.O5

    • 135g de D.C.O

    • 9,9g d’azote

    • 3,5g de phosphore.

Cette unité permet  de  déterminer le dimensionnement des stations d'épuration selon la taille des agglomérations.